mercredi 20 octobre 2010

De retour d'une région en manque

Virée hier dans les villes de Daugavpils (100 000 habitants) et de Rezekne (35 000), dans l'Est de la Lettonie, aux confins de ce pays, de la Biélorussie et de la Russie. Paysages de pluie à travers les vitres du minibus.




Rencontres avec quelques entrepreneurs belges ayant fait, à l'instar du français Axon' Cable et d'autres, le pari d'une implantation locale avec des partenaires lettons. A cause des coûts salariaux faibles par rapport à ceux pratiqués dans la "vieille Europe", de la présence d'une main-d'oeuvre qualifiée (un pan positif de l'héritage soviétique) et de la proximité des marchés russe et des autres ex-républiques de l'URSS. A gauche, Charly Mel (Solutions Ltd), à droite Peter Van Engeland (Belwood).












Visites d'ateliers de confection textile (Solutions Ltd), de production de palettes, poteaux et autres produits en bois (Belwood), de fabrication de lin, notamment à usage industriel (Baltiks East).



Discussions avec des édiles municipaux de Daugavpils, la deuxième ville de Lettonie (ci-dessous), et de Rezekne, ainsi qu'avec des chefs d'entreprise du coin et d'autres acteurs de la vie économique locale.


Et quelques impressions ramenées de ce bref saut dans une réalité différente de celle de Riga, à quatre heures de route.
Les entreprises et les municipalités de cette région (la Latgale) sont en manque.
En manque d'investissements, qu'elles souhaiteraient voir arriver en plus grande quantité d'autres pays de l'Union européenne, et non pas seulement de la Russie voisine.
En manque de main-d'oeuvre qualifiée, alors que des Lettons sont partis par dizaines de milliers chercher un travail à l'étranger, pour échapper à une crise économique qui a conduit à une chute des salaires et à une hausse du chômage. A Rezekne et ses alentours, plus de 22% de la population est sans emploi, soit le plus fort taux du pays... La frange de population la moins qualifiée ou pas assez motivée pour travailler pour vraiment pas grand-chose (en Latgale, le salaire brut moyen est de 350 euros!).
En manque aussi de reconnaissance de la part des autorités centrales de Riga qui, à entendre les interlocuteurs de cette visite organisée par l'antenne balte de l'Agence wallonne à l'exportation et aux investissements étrangers (AWEX), ne soutiennent pas suffisamment les efforts accomplis sur place.
En manque, enfin, de fonds européens, dont la répartition se déciderait essentiellement à Riga et n'irriguerait que peu une région pourtant dans le besoin.
Cela dit, la Latgale n'est pas sans potentiel, et celui-ci ne se trouve pas que dans la main-d'oeuvre en tous genres. Il existe un beau parc forestier qu'une petite entreprise de consultants belges (Resources and Synergies Development), férue de développement durable, va tenter, à son échelle, de mettre en valeur.
Et puis il y a le tourisme. La Latgale vient de faire sa promotion du côté de Saint-Pétersbourg - à quelque 400 km de là - autour d'une nature encore sauvage et de la personne de Mark Rothko: le peintre est né en 1903 à Daugavpils (qui s'appelait alors Dvinsk, à une période où l'empire tsariste régnait encore sur la région) et la ville va lui consacrer un musée, dans l'espoir d'attirer plus de visiteurs.

Pour égayer le tableau, je vous propose cette vidéo montrant Rezekne et sa région sous un jour plus souriant!

video

5 commentaires:

  1. Allez, on fera comme si Mark Rothko etait ne en 1903 ....

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  2. Allez, merci pour ta mansuétude Gilles... Je me suis relu trop vite, grrr. Je corrige de suite!

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  3. Tu vois que je lis tes articles en details, hein ? ;) (J'avoue que, comme je n'avais jamais entendu parler de ce peintre, ca m'a permis d'aller voir)

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  4. une expo lui avait été consacrée au musée des beaux arts a Riga en 2004, avec soutien de l'ambassade US.

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  5. A Pascal: c'était fin 2003 (http://www.nga.gov/press/exh/rothko/index.shtm) mais c'est un détail. Je me souviens avoir voulu voir l'expo mais à cette période-là j'étais fourré à Vilnius, en train de préparer mon bouquin, et je l'ai ratée. Raison de plus de retourner plus tard à Daugavpils.
    A Gilles: Rothko ayant fait quelques séjours en France, il y aura peut-être moyen de le mentionner quelque part dans ta somme sur les Français dans l'histoire de la Lettonie... Ou d'entamer un autre ouvrage sur les Lettons dans l'histoire de France!

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