mercredi 13 janvier 2010

Ca barde aux Féroé

Les Vikings avaient-ils le mal de mer? La question me passait par la tête lors de mes premières traversées de la Baltique à bord d'immenses ferries où, en dépit de la taille du navire et de l'âge du capitaine, le vomis peut surgir pour d'autres raisons qu'une absorption effrénée de boissons alcoolisées. J'avais du mal à croire que, sur leurs drakkars effilés, ces gaillards avaient tous le coeur bien accroché... Jusqu'au jour où j'ai mis les pieds sur l'archipel des Féroé. Là, dans ces magnifiques îles résistant tant bien que mal aux tempêtes de l'Atlantique du Nord, on me raconta que les Vikings y débarquaient les plus malades d'entre eux avant de poursuivre vers l'Islande.
A regarder sa tr
ogne barbue, le chanteur féringien Búi Dam, alias Budam (son nom d'artiste), est le digne descendant d'un de ces Vikings abandonnés en cours de route. Peut-être du barde du drakkar... Car Budam, qui a récemment joué aux Boréales de Caen lors d'une petite tournée française, a du coffre. Il y a chez lui du Tom Waits des années de jeunesse.
Un néo-ménestrel féringien qui, selon toute vraisemblance, ne boit pas que de l'eau? Ca vaut la peine de tendre l'oreille! On est là dans un registre nettement moins grandiloquent que celui de Týr, groupe de hard lugubre originaire du même rocher venteux et qui, lui, joue à fond sur la mythologie nordique. Cette vidéo-là, à mon humble avis, vaut surtout le détour pour les photos de l'archipel...
Moins festif et balisé que le répertoire de Budam, celui d'O
rka, un autre groupe de l'archipel des Féroé qui, lui, ne chante pas en anglais mais en langue féringienne et affirme n'utiliser que des instruments confectionnés sur place. A la fin du morceau Volmar, n'entendez-vous pas le couinement caverneux d'une baleine croisant au large? A moins que ça ne soit une vache écossaise...
Orka se réclame volontiers de Kristian Blak, dont l'album Klæmint, ramené de mon périple aux Féroé, m'envoûte encore. Une oeuvre qui n'est pas des plus rigolotes, je l'admets... Mais elle me renvoie à chaque fois au fond de la grotte baignée par la mer où ce vétéran (danois) de la scène locale enregistra son opus.
Cette grotte tout en hauteur, creusée par le ressac dans la falaise, j'ai pu la visiter à bord d'un canot pneumatique. "La mer est calme aujourd'hui", m'avait-on dit ce jour-là. Pourtant je crois bien me souvenir que j'ai eu le mal de mer.

1 commentaire:

  1. Très jolies descriptions, belle évocation de l'archipel et de l'artiste !

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