Affichage des articles dont le libellé est blog. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est blog. Afficher tous les articles

dimanche 4 décembre 2011

Pause travaux

Autant voir la réalité en face, ou l'écouter. Elle me dit, la réalité, qu'il est préférable, souhaitable, nécessaire même, d'observer une pause dans l'alimentation de ce blog et de le faire clairement savoir.

Non pas que la tenue de Nordiques & Baltes, chronophage à ses débuts, ne m'occupe beaucoup depuis quelques temps. Il suffit de compter le nombre de billets que j'ai mis en ligne ces derniers mois.

Ce n'est pourtant pas l'envie qui manque de raconter ce que j'observe dans mes pérégrinations nordiques. Les sujets se bousculent. Par exemple, en Norvège d'où j'écris ce matin, l'étonnante pénurie de beurre qui frappe ce pays, l'un des plus riches de la planète, mériterait un billet.

Mais le moment est venu de me consacrer entièrement à un projet qui me tient à coeur, la préparation et l'écriture d'un livre, une enquête journalistico-historique ou quelque chose d'approchant. J'en parlerai plus en détails, une fois le manuscrit remis à l'éditeur.

En attendant, c'est officiel: je suspends ce blog pour quelques mois, sans doute jusqu'au printemps. Aux lecteurs fidèles et aux visiteurs que le hasard a conduit jusqu'ici, je dis à bientôt.

mercredi 15 juin 2011

Le grognard et le bouquiniste

Une fois n'est pas coutume, quelques mots sur deux blogs que j'ai découvert ces derniers mois et qui me paraissent valoir une fréquentation régulière, voire assidue pour le plus prolixe d'entre eux.

Le premier, Où es-tu Vande- voorde?, s'adresse à un grognard de Napoléon mort à Vilnius lors de la retraite de Russie. Un blog épistolaire écrit par "l’arrière-arrière-arrière-petite-fille de la cousine" de ce mystérieux François Louis Vandevoorde. Installée quelque part en France, Sylvie J. - "ni historienne, ni passionnée de la guerre" - a décidé de partir à la recherche de son ancêtre et de le tenir au courant de ses découvertes par l'intermédiaire de lettres. Ainsi écrit-elle, depuis le 1er juin 2010, à son "Cher Vandevoorde", matricule 5085 au 21ème régiment de ligne de la Grande Armée. Une correspondance au ton très personnel et bien tournée.

Je me permets de reproduire ici l'exergue placé en tête de ce blog:


Cher Vandevoorde,

Tu étais un héros de notre mythologie familiale, le parent «resté en arrière pendant la retraite de Russie» que Papa évoquait avec une certaine délectation avant d’aller chercher ton petit portrait et quelques vieux documents jaunis par le temps…Et le débat s’engageait : étais-tu mort gelé dans la Bérézina ou massacré par des cosaques, ou bien avais-tu survécu à cette terrible retraite de Russie, sauvé par une babouchka avant de fonder une famille aux frontières de la Russie et de la Pologne… Et il était facile, pour les enfants que nous étions, d’imaginer de petits Vandevoorde, forcément en uniforme de la Grande Armée, en train de frapper à la porte de notre appartement… Où-es-tu Vandevoorde ? Une question sans réponse jusqu’à ce qu’en octobre 2001, des ouvriers lituaniens commencent à creuser les fondations d’une série d’immeubles dans un nouveau quartier au nord-est de Vilnius… Une découverte qui a relancé nos recherches familiales. Et c’est à toi que j’ai décidé de les raconter. En tentant, autant que possible de replacer les évènements, sur ce blog, dans leur ordre chronologique.



Voilà, vous en savez assez pour vous aventurer dans cet espace où se dessine peu à peu le destin de Vandevoorde et de ses camarades d'infortune (relaté aussi dans ce livre). Des soldats malgré tout passablement oubliés, dont j'avais parlé dans une des "respirations" rythmant mon livre sur les pays baltes (disponible notamment ici).
Je vous recommande de commencer par le début du blog de Sylvie J. (c'est-à-dire par la fin... en remontant au préalable jusqu'au 1er billet, Un charnier découvert à Vilnius) pour mieux suivre la progression des recherches de l'auteure. La liste complète des lettres est accessible ici, alors qu'on trouvera là des photos du beau cimetière de Vilnius (Antakalnis) où reposent aujourd'hui Vandevoorde et les siens.

* * *

Ma seconde découverte est un brin moins originale dans la forme mais vous en connaissez beaucoup, vous, des bouquinistes des quais de Paris qui tiennent un blog? Qui plus est avec talent? Jean-Louis Crimon s'est lancé à corps perdu dans l'exercice depuis le 27 avril dernier, avec l'ambition, semble-t-il, de ne pas refermer ses boîtes à livres, chaque soir, sans avoir pondu un billet pour son journal du bouquiniste.
Le résultat est assez jouissif, pour qui aime la littérature et l'objet livre, les références et les jeux de mots, les rencontres impromptues et les petites phrases échangées autour d'un vieux bouquin épuisé et recherché depuis si longtemps.
Mine de rien, il se passe pas mal de choses au 41, quai de la Tournelle, là où l'auteur a entamé sa mue, lui l'ancien journaliste de Radio-France - entre autres - croisé dans les années 1990, à l'époque où la Maison Ronde avait un correspondant permanent à Copenhague (imaginez ça aujourd'hui!).

Là encore, je m'autorise à reproduire un extrait de ce blog, pour la bonne cause. Il s'agit, presque au hasard, de Jeudi, après-midi de pluie:


- Mais monsieur, si je comprends bien, tous ces livres, ils ont déjà été lus !
- Oui, madame, ce sont des livres d'occasion.

- Mais ça ne me plaît pas du tout !
- Ah bon, pourquoi donc madame ?

- Je ne supporte pas qu'un livre ait pu être lu par quelqu'un d'autre avant moi !


Et l'alerte septuagénaire de claquer du talon comme pour mieux ponctuer son effet. Avant de tourner le dos à mes quatre boîtes vertes pour remonter, d'un pas décidé, le quai de la Tournelle vers le quai de Montebello, puis vers Saint-Michel. Incroyable aplomb. Étonnante personne qu'un livre "déjà lu avant elle" étonne ou scandalise à ce point. Pourtant la poésie de ces livres déjà lus ou relus, passés de mains en mains, parfois annotés au crayon de bois, discrètement, parfois dédicacés ou dédiés, non pas par l'auteur, mais par l'acheteur, comme ce
"Grand Meaulnes" de l'année 36 : "À Juliette, de la part de Georges, en souvenir de notre rencontre" recèlent d'une infinie tendresse. D'une beauté désuète. Touchante. Émouvante. Comme si le livre prenait de la valeur à chaque nouvelle lecture. Comme un supplément d'âme. À chaque âme nouvelle touchée.
Dans ma bibliothèque, c'est curieux, je n'ai que des livres qui ont été lus avant moi. Ce qui ne me pose aucun problème. Au contraire, j'en suis presque fier.
Le ciel, tout enroulé dans sa couette de nuages, est au bord de la pluie. La conversation avec la dame qui a horreur des livres
"déjà lus avant elle" m'a rendu l'âme chagrine. Ça y est, voilà la pluie qui bruine. Je ferme. Les bouquins n'aiment pas la pluie. Le bouquiniste pas davantage.


Je n'ai pas revu Jean-Louis Crimon depuis une bonne douzaine d'années déjà (était-ce à Oslo pour la remise d'un prix Nobel de la paix, ou bien à Copenhague?). Mais depuis avril, je le retrouve régulièrement sur son blog, fine lame sous ses allures bonhommes, en attendant d'aller flâner quai de la Tournelle.

dimanche 20 février 2011

Gilles en Lettonie, c'est fini

Après "7 ans et 8 mois" à l'étranger, l'auteur du blog bien connu des internautes francophones amateurs des pays baltes - Gilles en Lituanie puis Gilles en Lettonie - rentre au pays.
Ce n'est pas par gaieté de coeur, on le sent bien. Gilles Dutertre apprécie sa vie d'expatrié et ne craint pas les déracinements répétés, de caserne en caserne, de mission en mission (Allemagne, Liban, Cambodge, Bosnie, etc.). Mais pour une raison indépendante de sa volonté, comme le veut l'expression, il a décidé de retourner vivre en France, plus précisément en Indre-et-Loire. Départ prévu mardi.


Durant sa période balte, Gilles n'a pas été du genre à se cantonner aux beaux quartiers des capitales. Lui s'est fondu dans la masse. Par nécessité - la retraite d'un ex-lieutenant-colonel n'est visiblement pas à rallonge - mais aussi par goût, me semble-t-il, il résidait dans les banlieues populeuses. D'abord sur les hauteurs de Vilnius, pendant 5 ans, puis à Riga depuis mars 2010, dans une tour des "nouveaux" quartiers reliés au centre-ville par moult bus et trolleybus.
Là, depuis son trois pièces, il observait la vie locale à sa façon, selon ses lubies, ses centres d'intérêt. Il était intarissable sur les aléas de la météo, les accidents de la route, les petits événements qui animent les discussions de tous les jours. On les retrouvait dans les billets réguliers et concis qu'il écrivait sur son blog, le plus souvent avant le lever du jour, lui qui, droit dans ses bottes, continuait à vivre au rythme de la caserne.
Gilles est aussi friand d'histoire et s'en est fait une spécialité sur le tard. A Riga, il a fréquenté des bibliothèques, à la recherche d'ouvrages qui pourraient l'aider dans la préparation d'un livre sur les Français dans l'histoire de la Lettonie. La suite logique de celui qu'il avait écrit, avec la même approche, sur la Lituanie. Paru chez L'Harmattan, ce 1er bouquin lui a valu une petite notoriété dans une région d'Europe peu habituée à ce que des étrangers écrivent à son propos.
Le regard de Gilles pétille lorsqu'il raconte les conférences qu'il allait donner "dans les provinces de Lituanie", sur son thème de prédilection ou bien juste pour parler de la France ou de n'importe quel autre thème, pour peu que ça soit en français. Ses hôtes voyaient débarquer un gaillard encore vert, toujours propre sur lui et peu avare d'anecdotes, lui qui aime bien, notamment, s'attarder sur son parcours.
Une fois ce 1er livre terminé, Gilles a commencé à s'ennuyer à Vilnius. "Cinq ans dans la même caserne, ça ne m'était jamais arrivé avant!", plaisante-il, avec un fond d'humour propre aux (ex-)militaires. Il lui fallait un nouveau projet. Pourquoi ne pas s'installer à Riga, à quatre heures de route? Il y a près d'un an, il arrivait donc dans l'ancienne ville hanséatique avec armes et bagages ("400 kilos", dont un tas de bouquins, accumulés au fil des années). Aidé par un ami du cru, il n'a pas tardé à trouver ses marques dans cette nouvelle ville-étape. Le tempérament letton, plus réservé que le lituanien, l'a un peu dérouté, même s'il s'y attendait. Il s'explique notamment par l'histoire, les occupations, et la présence à Riga d'une forte proportion de représentants de la minorité "russophone", arrivés pour la plupart durant l'annexion soviétique. "Riga, c'est surtout une ville russe", a coutume d'observer notre blogueur qui, dans ses billets, n'hésite pas à épouser les opinions des "patriotes" de tous poils que comptent les pays baltes.
Gilles et moi, nous n'avons pas toujours été d'accord sur tout, et il le sait. A quelques reprises, nous avons eu l'occasion de nous expliquer, toujours de manière courtoise. Sa manière de taper sur les médias en général dès que l'un d'entre eux commet une boulette, surtout lorsqu'elle concerne ses chers pays baltes, m'a parfois lassé... Il n'a pas tort sur le fond, mais ses piques - fort appréciées de ses lecteurs les plus fidèles - frisent parfois la démagogie. Mais qu'y puis-je? A chacun ses opinions, son style. Et puis, comme il le dit lui-même, "Antoine, il ne faut pas te sentir visé!" Peut-être suis-je devenu un peu trop sensible aux attaques dont ma profession est souvent la victime un peu facile, alors que, comme les trains à l'heure, le boulot utile dont elle s'acquitte sans dérailler passe, lui, inaperçu. Bref!
Malgré ces petits différends, malgré mes a priori de départ et nos différences (nous n'avons jamais parlé politique mais je subodore le fossé) et malgré le fait que nous ne nous sommes que peu croisés, je crois toutefois pouvoir avancer que Gilles et moi éprouvons un certain respect mutuel. C'est déjà pas mal.
Mardi, il atterrira dans son pays natal, avec une vague appréhension. Pas évident de réintégrer ses pénates après des années à l'étranger, nous sommes nombreux à en avoir fait l'expérience. Je lui souhaite bon vent. Gageons que, s'il rencontre l'ennui en Touraine, il saura le tromper en renouant avec ses amours baltes, ne serait-ce que grâce à Internet. Quelque chose me dit que, dans les mois à venir, il nous arrosera de billets et d'informations lettones et lituaniennes via son blog, comme s'il était encore à Riga, à veiller du haut de sa tour de banlieue.

jeudi 4 novembre 2010

Tu veux en faire quoi de ce blog?

Comment éviter que ce blog ne se "facebookise"? Le risque existe de tomber dans le piège des petites saillies rédigées à la va-vite, qu'un ou plusieurs lecteurs "aimeront" ou commenteront de manière aussi instantanée. Rien de mal à ça mais pas ici. Comment faire aussi, dans l'exercice bloguesque, pour à la fois rester personnel et intéresser un lectorat plus indéfinissable que celui susceptible, dans le monde clos de Facebook, de poser sur mes brèves digressions une pupille plus ou moins distraite?

La solution consiste sans doute à enrichir le contenu de ce blog. Lancé il y a près de 13 mois (le 1er billet remonte au 13 octobre 2009, et dire que j'ai oublié de sabler le champagne), il a atteint une sorte de vitesse de croisière depuis février. En moyenne, 6,6 billets par mois pour être précis, soit un tous les quatre jours et demi.
Enrichir donc. Très bien, mais pour aller dans quelle direction, et à quel rythme?
Je pourrais relater de manière plus fréquente l'actualité, petite et grande, des pays que je couve/couvre. Mais en ce qui me concerne, les journées sont trop courtes pour se prêter à ce jeu. Et je doute de l'intérêt d'une telle "veille" que d'autres, agences de presse et journaux, du cru ou non, assurent déjà avec des équipes plus étoffées que la team Jacob... A moins qu'un site d'informations ne me propose de le faire pour son compte, moyennant rémunération (avis à la population!).

* * *

Je pourrais aussi me recentrer sur quelques sujets et les traiter plus en profondeur. Ou délaisser l'une des rives de la Baltique (le pan nordique? le balte?) pour me concentrer sur l'autre. J'ai l'impression que des lecteurs sont un peu déroutés par le mélange des torchons et des serviettes. Il y a les inconditionnels des Nordiques. Et il y a les aficionados des Baltes. Du coup, pas grand monde n'y trouverait son compte. Est-ce que je me trompe? N'hésitez pas à me faire part de vos remarques, sur ce point et sur les autres.
Pourtant, je ne veux pas choisir ni exclure. Entre les torchons et les serviettes, comme dirait l'autre, mon coeur balance, et ce pour différentes raisons. J'aime bien aussi ce jeu de miroir et les passerelles entre deux mondes très différents mais pas tant que ça. Et puis si je décidais de bouder les Nordiques ou les Baltes, j'aurais l'air malin avec le titre de mon blog! Il me faudrait aussitôt en changer. Or dans le champ des technologies informatiques, je me sens d'humeur casanière.

* * *

Je crois donc que je vais garder le cap (au Nord!), en privilégiant l'originalité comme j'essaie de le faire depuis un an. Devrais-je prendre plus souvent position, m'engager, me dévoiler davantage pour provoquer un début de débat, voire un bout de polémique? Certains savent bien s'y prendre. J'ai créé une rubrique BALTE-TRAP, sorte de coup de gueule ou de billet d'humeur mais, au vu de leur nombre, vous en déduirez avec moi que je préfère intérioriser mes frustrations et mes colères (ou les garder pour mes proches!). Ce n'est pas le genre de la maison de cracher son fiel en public. Et je ne suis pas certain que beaucoup de lecteurs de blogs aient le temps ou l'envie de se lancer dans des débats de fond à chaque fois qu'ils sont en désaccord avec des idées grappillées ici et là sur le Net.

* * *

Peut-être livrerai-je de temps à autre une nouvelle, comme L'immobilisation, écrite et postée ici cet été. Il est sûr, par ailleurs, que j'évoquerai plus souvent le jazz nordique, depuis l'arrêt de mon autre blog (en entretenir 2 à la fois n'était pas très réaliste...), Jazz nordique.
Je voudrais aussi explorer une nouvelle piste, l'apport d'extraits sonores d'entretiens que je mène dans le cadre de mon boulot. Encore faudrait-il que j'arrive à maîtriser l'outil qui me permettra de les importer sur mon ordinateur et de les monter pour les rendre audibles via ce blog. Je ne désespère pas de pouvoir mettre à disposition des bribes, voire l'intégralité, d'une discussion avec telle ou telle personnalité intéressante. Il y a peu, par exemple, j'ai rencontré Sofi Oksanen - prix Femina étranger 2010 - pour une page dans La Croix, hélas indisponible sur son site. Tout est sur enregistreur numérique (j'allais écrire "bande magnétique"). Pourquoi ne pas vous en faire profiter? De lectrices et lecteurs, vous deviendriez, en un clic, auditrices et auditeurs.
Dans le même esprit, et de surcroît si je ne trouve pas la clé des sons, je compte poursuivre la transcription écrite d'interviews dans leur totalité, comme celui conduit avec Jean-Paul Kauffmann.
Bref, foin des états d'âme et de l'introspection du blogueur solitaire, il y a du pain sur la planche.