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vendredi 2 mai 2014

Ma musique du vendredi (53): Isabel Sörling


Jusqu'à récemment et peut-être encore aujourd'hui, elle vivait à Paris. De loin, sans ne l'avoir jamais rencontrée, Isabel Sörling semble se chercher, à moins qu'elle n'aime multiplier les expériences musicales diverses (par goût? nécessité? pour brouiller les pistes?).
J'ai choisi le morceau suivant pour commencer. Pourquoi "Marfloa"? Pour l'enregistrement en plein air, dans l'apesanteur d'un été nordique, la nature sans obstacle qui donne cette sonorité si particulière, soyeuse, dénudée, aux instruments, pour le dialogue contrebasse-trompette du début et la complainte miaulée par Isabel Sörling (sans effrayer les oiseaux!), et pour le contraste avec l'épilogue qu'on peut imaginer enregistré au frais dans l'église du coin: 




Composition du trompettiste norvégien Kim Aksnes, filmée à Austrått, en Norvège.


* * *

Pour en savoir plus sur cette chanteuse "repérée en 2010 dans un club de jazz parisien" par Ibrahim Maalouf:



Je suis peu emballé par le tournant légèrement pop nappée de violoncelles qu'Isabel Sörling semble avoir pris récemment (si je me trompe, tant mieux). Alors je terminerai avec la vidéo suivante, qui me semble bien compléter ce bref portrait musical:


vendredi 13 décembre 2013

Ma musique du vendredi (52): Aarset Bang Ducret Geisse

Quand deux bidouilleurs norvégiens (Eivind Aarset et Jan Bang) rencontrent un joyeux déjanté du manche (Marc Ducret, Fra) et un traficoteur de sons électroniques (Gunnar Geisse, All), ça donne ceci: 


Pour corser la chose, les quatre musiciens jouent en deux endroits différents.
Performances simultanées réalisées à Munich le 13 septembre 2012.

La parole est à l'improvisation!

Source: http://www.youtube.com/watch?v=9bejLa2Yl2E

vendredi 4 octobre 2013

Ma musique du vendredi (51): Lyy



Une des meilleures chansons suédoises entendues depuis longtemps! De quoi vous réconcilier avec ce pays plus complexe qu'il n'y paraît... Mais là n'est pas la question aujourd'hui. Superbe mélodie en crescendo interprétée par le groupe Lyy, voix envoûtante et, un comble, le visage de la chanteuse n'apparaît jamais dans la vidéo que je vous propose. C'est tout juste si on distingue une silhouette, en haut d'un escalier, dont on devine, parce que son bras bat la cadence, que c'est elle qui chante Förgäves uppå stigen, alors que dans la soute, les gars assurent la rythmique. A écouter à plein volume!




La chanson est inspirée d'un psaume composé par un gars de l'Östergötland, Samuel John Hedborn, Lantflickans klagan, qu'on peut traduire par La complainte de la fille du pays. Une fille qui se morfond en attendant l'homme qui saura la sortir de là... Elle en rêve, elle en crève. Le texte complet en v.o.:

Förgäves uppå stigen jag dig att möta går.
Jag lyssnar, ropar och jag lyssnar åter.
Det vädret är som blåser, det böljan är som slår.
Men vännens röst sig intet höra låter.
Se skyarna de gå,
och böljorna de slå!
Så vandra mina tankar och ingen vila få,
förrän jag finner vännen, som jag söker.

En vinter har förflutit - den vintern var mig lång,
jag önskade den mången gång till ända!
Du var i mina drömmar, du var uti min sång,
du var i mina tankar vid min slända.
Men våren återkom
fast grön dock glädjetom.
En annan fått det hjärta som var min egendom.
Jag aldrig därpå tänker utan tårar.

När duvan blivit änka hon sig till freds ej ger,
och hennes hjärtesår kan ingen lisa.
Men döden henne finner, när solen skridit ner,
och sluter hennes kval och klagovisa.
Som hennes domnar av
mitt hjärta med sitt kvav,
och liksom gröna trädets, som fälldes i sin sav,
skall snart mitt unga hjärteblod förstelna. 


Source: Dagensvisa.com 

PS: les curieux seront heureux d'apprendre que la chanteuse, Emma Björling, a un visage (agréable) et qu'elle peut aussi bien chanter Le Bonheur (Lyckan) que la mélancolie.

vendredi 27 septembre 2013

Ma musique du vendredi (50): Girls in Airports

Girls in Airports, un groupe de Copenhague fondé en 2009 et composé uniquement d'hommes. Il vient de sortir un nouveau disque, Kaikoura, enregistré sur l'île de Møn. Voici le morceau qui donne son titre à l'album, une simple mélodie de plus en plus insinuante grâce aux saxophones:


vendredi 20 septembre 2013

Ma musique du vendredi (49): Cross, Team Hegdal

A partir de cette semaine, je vais poster Ma musique du vendredi sur ce blog (et non plus directement sur mon compte Facebook). Qui sait, elle attirera peut-être des gens que je ne connais pas.

Si j'en ai le temps, je m'amuserai aussi un de ces jours à récapituler ici les morceaux que j'ai choisis pour cette sélection hebdomadaire, qui en est à sa 49ème édition, histoire de garder une trace et de pouvoir m'y reporter plus facilement.

Alors c'est parti! Cette semaine, pas de vidéo pour accompagner le morceau, juste de la musique: Cross, interprété par le Team Hegdal emmené comme il se doit par un dénommé Hegdal, Eirik de son prénom et norvégien de naissance (photo Dagbladet).



Lien: https://soundcloud.com/teamhegdal/cross

vendredi 11 novembre 2011

Musique du vendredi: concert au bureau

En ce 11 novembre, jour férié pour vous lecteurs de France et de Belgique, je me propose de vous renvoyer... au bureau. Elle vous manque, cette atmosphère compassée entre quatre murs ou parois vitrées. Moquette tâchée des couloirs ouatés, machine à débiter un liquide un peu vite baptisé café, tas de documents qui s'accumulent sur les bureaux dont l'arrangement subtil est mis en péril par des visiteurs du soir armés de chiffons et de produits odorants censés rafraîchir tout ça, discussions interminables des voisins, l'un au téléphone, les autres entre eux qui en chuchotant cassent du sucre sur le dos de la chef de service qui n'est pas là bien sûr, regards en coin, ambitions dégoulinantes, couardises d'un jour pour assurer les arrières, réunionite aiguë qu'on a du mal à soigner, manque d'air frais, plantes vertes en berne, photo de la gamine à côté de l'écran d'ordinateur qui vous aspire et ne vous lâche pas plus que vos collègues, remarques acerbes à celui qui ose délaisser le cocon entrepreneurial pour un rendez-vous à l'extérieur, un rendez-vous? oui un rendez-vous, sourires entendus, tu lui feras la bise de notre part, nuques ployées, sièges qui s'affaissent, scolioses en devenir, c'est bientôt l'heure de la prochaine réu, vite une idée à proposer, coup d'oeil sur le web, bâillements, gobelet qui se renverse merde pas le temps de nettoyer et puis la Sénégalaise passera bientôt avec son gros chiffon, portable qui sonne dans le vide quelque part au fond du couloir, qu'est-ce qu'il fout, tête connue qui se faufile, il est là Machin, ben non il est pas là mais ses affaires sont encore là, il doit pas être bien loin, ok je repasserai, hochements de têtes, le portable qui reprend ses couinements dans un lointain proche, putain faut se concentrer, tâches à accomplir, délais à tenir, l'ordi qui plante et qu'il faut relancer, ça met une plombe, bouts de rêverie, dehors déjà la nuit s'est installée.

Heureusement, il y a des musiciens qui passent parfois, à l'improviste, vous divertir. Håkon Kornstad, par exemple, souffleur norvégien dont j'ai déjà parlé ici (L'embellie Kornstad). Ou son compatriote Mathias Eick, trompettiste de son état, et ses acolytes (vidéo ici). C'est la série des Kontorkonsert, des "concerts au bureau", organisée par l'association de promotion de la musique norvégienne (MIC) avec la radio-télé publique NRK.

On écoute Håkon Kornstad: