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lundi 15 août 2011

Un nouveau lundi balte à Stockholm

Les ayant délaissés pour le mois d'août, les Baltes se sont chargés de se rappeler à mon bon souvenir. Je les ai croisés aujourd'hui, anonymes ou non, sur une place de Stockholm fameuse pour ceux qui, vers 1990-91, se préoccupaient du sort des républiques baltes, encore sous occupation soviétique.

L'idée était, bien sûr, de commémorer leur retour à l'indépendance. C'était il y a vingt ans, selon le calendrier généralement admis, même si la marche des Baltes vers la liberté avait commencé dès la fin des années 1980, à tâtons, comme pour mieux tester les réactions d'un pouvoir moscovite qui ne pouvait que désapprouver.


Pour soutenir cette démarche très culottée étant donné les risques encourus, un groupe de citoyens suédois et de Baltes vivant en exil dans le pays ont commencé à se retrouver les lundi à 12h sur une place de Stockholm, Norrmalmstorg.



Par tous les temps, quelques centaines de personnes, parfois plus, se sont réunies là durant 79 lundi d'affilée, jusqu'au 16 septembre 1991. Entre-temps, les républiques avaient accompli le plus difficile: faire accepter par le Kremlin l'idée que rien ne pourrait les empêcher de sortir de l'Union soviétique, résister à quelques soubresauts sanglants (en janvier 1991) et sensibiliser l'Ouest à leur cause.



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La Suède, avec ses voisines nordiques, a joué à cet égard un rôle très utile de messager actif. Car ladite cause balte était loin d'enthousiasmer les pays occidentaux qui cherchaient plutôt à consolider la position de leur favori, Mikhaïl Gorbatchev, face aux forces plus conservatrices qui hantaient les couloirs du Kremlin.


La nouvelle équipe au pouvoir en Suède à partir de septembre 1991 s'est montrée particulièrement efficace dans cette mobilisation. Dirigée par le parti conservateur de Carl Bildt, cette coalition de centre-droite venait de succéder aux sociaux-démocrates qui, hormis une parenthèse entre 1976 et 1982, avaient mené le pays depuis 1936.


"Sans toi, Carl, l'Estonie et les autres pays baltes n'en seraient pas là aujourd'hui", déclairait ce lundi matin Mart Laar, tout jeune premier ministre estonien après le retour à l'indépendance et désormais ministre de la défense. Sous sa barbe poivre et sel, l'Estonien avait du mal à dissimuler une certaine émotion en tenant ces propos lors d'un séminaire organisé à l'Institut de politique étrangère, toujours à Stockholm.


Assis au 1er rang, Carl buvait du petit lait, lui qui aime à rappeler son rôle dans les négociations ardues qui ont eu lieu jusqu'en 1994 pour obtenir le retrait des pays baltes de toutes les troupes de l'ex-armée Rouge.


Le même Carl a, c'est de bonne guerre, rendu hommage au parcours des Baltes au cours des 20 dernières années, tout en rappelant que tout Suédois, en 1991, avait de quoi "avoir honte" de la manière dont les autorités de Stockholm s'étaient comportées vis-à-vis de leurs chers voisins baltes.


Et une pique dans le dos du taureau social-démocrate.



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Fredrik Reinfeldt, l'actuel premier ministre suédois (et ancien rival de Bildt au sein du parti conservateur), est revenu plus longuement encore sur ces "pages sombres" de l'histoire suédo-balte. Dans un discours prononcé sur la fameuse place de Norrmalmstorg, il s'est fort bien débrouillé pour ne jamais accuser nommément les sociaux-démocrates d'avoir lâché les Baltes. Mais personne n'était dupe parmi l'audience ayant un minimum de connaissances sur l'histoire récente.


Reinfeldt s'est d'abord appliqué à rappeler que Stockholm (entendez par là le parti à la rose) faisait partie des capitales qui avaient "le plus rapidement" reconnu l'occupation des Baltes par l'Union soviétique en 1944 (ceci dit, il aurait pu être encore plus méchant en disant que Stockholm avait été "l'une des seules" capitales à l'avoir fait...).


Puis il a évoqué en quelques mots l'épisode de l'extradition des Baltes. Quelque 170 soldats qui avaient combattu du côté des Allemands contre l'armée Rouge avaient réussi à fuir par la mer vers la Suède. Le gouvernement suédois décida, en 1945, de les renvoyer de l'autre côté de la Baltique. C'est-à-dire dans les geoles du régime soviétique qu'ils avaient, dans leur majorité, combattu non pas par sympathie pronazie mais pour éviter une nouvelle vague de déportations telle que celles ayant frappé les élites baltes au début de la guerre.


Cet épisode complexe de l'histoire suédoise du 20e siècle avait été dépoussiéré à la fin des années 1960 par l'écrivain Per Olov Enquist dans son livre traduit en français sous le titre L'Extradition des Baltes (Actes Sud, 1985), le 1er ouvrage qui m'a fait découvrir les ambiguïtés de la politique de neutralité suédoise.


Puis Reinfeldt, brandissant un vieux manuel scolaire suédois devant les premiers ministres estonien, letton et lituanien, s'est souvenu du peu de choses qui était mentionné dans ces manuels sur l'existence même des pays baltes, voisins pourtant de la Suède et indépendants durant deux décennies pendant l'entre-deux-guerres.



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Bon prince, le proviseur de l'école estonienne de Stockholm, un certain Jaan Seim rencontré sur Norrmalmstorg, s'est attaché après le discours à lui raboter les angles. "Il faut se rappeler qu'après la 2e guerre, la Suède était un petit pays qui se voulait neutre et qui avait pour voisin à l'Est un grand pays qui représentait une menace considérable", m'a-t-il dit en avançant le concept de Realpolitik.



Encore vêtu d'une cape et d'un chapeau noirs qu'il portait le temps d'entonner une chanson estonienne devant l'assistance, Jaan Seim m'a raconté qu'il avait été plus déçu, par la suite, lorsque les Baltes avaient disparu des esprits suédois. "Pour eux, c'était l'Union soviétique, un point c'est tout".


Les traditionnelles réunions du lundi sur Norrmalmstorg ont contribué à l'époque à faire évoluer ces préjugés. Vingt ans plus tard, en ce lundi 15 août 2011, théâtre de la 80e réunion du genre, ce sont quelques vérités crues qui ont résonné entre les quatre façades de la place.

dimanche 31 octobre 2010

Les "frères de la forêt", résistants méconnus


Celles et ceux qui ont lu Purge, de Sofi Oksanen, et n'étaient pas familiers avec l'histoire récente de l'Estonie ont peut-être découvert l'existence des "frères de la forêt". Hans, "fils d'Eerik Pekk, paysan estonien", l'un des personnages du livre, campe l'un de ces patriotes que la terreur soviétique poussa, dans la vraie vie, à prendre le maquis dans les forêts profondes. En Estonie, mais aussi en Lituanie et en Lettonie, ils luttèrent, avec leur moyens très réduits, contre l'occupant venu de l'Est.
Hans Pekk, dont les lettres écrites dans la clandestinité scandent les différentes parties du roman, se désespère de ne pas voir les Anglais ou les Américains venir au secours de son pays envahi. Les "frères de la forêt" attendront en vain, jusqu'à leur mort, leur arrestation ou, plus rarement, leur reddition.
Mart Laar, ex-premier ministre estonien rencontré récemment à Tallinn, connaît bien le sujet. Il y a consacré un livre, au terme de recherches menées, non sans risques, avant même la fin de l'URSS. Signée Mel Huang, cette critique de l'ouvrage (War in the Woods: Estonia's Struggle for Survival, 1944 -1956) restitue bien le contexte de l'époque.
Le député barbu, qui dirige actuellement l'un des partis de droite au pouvoir à Tallinn, me raconte qu'aujourd'hui encore, il est difficile de savoir avec exactitude combien d'Estoniens - dont une petite minorité de femmes - partirent ainsi vivre dans la forêt jusque dans les années 1950. "On estime généralement leurs chiffres à plus de 30 000, en incluant ceux qui se cachaient sans prendre part aux combats."
Si l'on ramène ce chiffre à la population totale de l'Estonie actuelle (1,34 million de personnes), cela fait un habitant sur 44 (!).
"La plupart d'entre eux, précise-t-il, ont été tués ou déportés en Sibérie."
Pendant quatre décennies ou presque, tout lien familial avec un "frère" ou une "soeur" de la forêt était synonyme d'ennuis, réels ou potentiels. Aussi Mart Laar n'est-il pas peu fier d'avoir commencé, lorsqu'il dirigea le gouvernement estonien après le retour à l'indépendance, à honorer les survivants en les décorant d'une médaille de la résistance, créée à cet effet. Une médaille, ça peut paraître dérisoire mais, à la sortie du long tunnel soviétique, un tel geste avait une portée symbolique forte dans un Etat à nouveau souverain.
Plus récemment, l'ancien premier ministre a écrit une pièce de théâtre inspirée d'histoires récoltées auprès des derniers survivants ou de leurs proches. "J'ai raconté comment l'amour, notamment, pouvait pousser des gens à trahir." Un thème qu'aborde aussi Sofi Oksanen dans son roman Purge. Jouée il y a trois-quatre ans sur la scène du théâtre de Võru, au coeur de la région (dans le sud-est du pays) où les résistants passent pour avoir été les plus actifs, la pièce signée Mart Laar connut un certain succès. "L'un de mes personnages principaux, qui avait existé en réalité, a été arrêté et fusillé. Son ancien amour de jeunesse, venue assister à la pièce, est montée sur scène pour offrir des fleurs au comédien qui interprétait son ami disparu... Une sorte de reconnaissance de la qualité de la pièce."
Mais n'enjolivons pas. Pour avoir discuté du sujet en Lettonie et en Lituanie, j'ai aussi entendu parler de "frères de la forêt" au comportement moins glorieux. Certains d'entre eux ne rejoignaient la clandestinité que parce qu'ils avaient quelque chose à se reprocher ou commettaient plus de larcins que nécessaire pour survivre dans les bois. "Comme toujours, m'a glissé un jour un Lituanien, il y avait des bandits parmi les idéalistes..."

NB (le 5 novembre 2010): Plusieurs personnes m'ont soutenu que Mart Laar, responsable politique avant tout, n'était pas le plus orthodoxe des historiens, et je suis enclin à les croire. Il n'est pas non plus le seul à avoir travaillé et écrit sur les "frères de la forêt". On me signale l'existence d'autres livres ou articles (que je n'ai pas lus) et, en particulier, l'ouvrage coordonné par le Lituanien Arvydas Anušauskas, The Anti-Soviet Resistance in the Baltic States (Genocide and Resistance Research Centre of Lithuania, Vilnius, 1999).
Les témoignages de lecteurs sont les bienvenus ici.


lundi 25 octobre 2010

Sofi Oksanen et le hussard Laar

D'un côté, Mart Laar, l'homme qui symbolisa le tournant radical pris par l'Estonie après l'implosion de l'URSS en 1991. De l'autre, Sofi Oksanen, une jeune femme qui écrit des romans engagés en langue finnoise (dont Purge, sorti cet été en France) sur le destin de l'Estonie, patrie d'origine de sa mère. Deux personnes qui se retrouvent et s'entendent pour faire avancer une cause commune qui leur est chère, la dénonciation de la folie communiste, dévoiement d'une utopie.

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Hors des pays baltes, Mart Laar est connu essen- tiellement pour deux choses.
D'abord, il est celui qui, aux manettes gouvernementales de 1992 à 1994 puis de 1999 à 2002, a grandement contribué à l'adoption par son pays de réformes menées au pas de charge. Avec un credo: le libéralisme économique pur et dur. Et une priorité: assurer l'ancrage maximum du pays à l'Ouest pour garantir l'avenir.
Vendredi dernier, le Britannique Edward Lucas, l'un des journalistes étrangers connaissant le mieux les pays baltes, a livré une anecdote amusante et révélatrice lors d'une mini-conférence organisée à Riga par un ancien collègue (Robert Cottrell, éditeur de The Browser). Lors d'une visite à Londres, un ministre estonien raconta qu'après la chute du communisme, le gouvernement de Tallinn s'inspirait directement du contenu de The Economist pour définir sa politique économique. Chaque semaine, l'ambassade d'Estonie à Londres faxait l'intégralité du magazine prolibéral en direction de la jeune élite en poste à Tallinn... Edward Lucas, qui travaille lui-même pour The Economist et y tient un blog, dit tenir l'anecdote d'une source interne à la rédaction londonienne. Toujours est-il que c'est sous l'impulsion de Mart Laar que l'Estonie fut la 1ère ex-république de l'URSS à frapper sa propre monnaie, la kroon (couronne), alors que des troupes russes stationnaient encore sur son territoire.
Puis ce politicien barbu s'est distingué pour son combat en vue de faire connaître et reconnaître à l'Ouest les crimes commis au nom du communisme. Cet historien de formation n'a de cesse de rappeler à des Européens de l'Ouest souvent peu convaincus que le stalinisme n'a rien à envier au nazisme et que ce sont bien deux "génocides" qui ont eu lieu en Europe au milieu du siècle dernier. Le sujet reste très sensible, comme le montre la polémique soulevée par le tout récent livre de Timothy Snyder (Bloodlands: Europe Between Hitler and Stalin) dont je compte parler ici, une fois que je l'aurai lu.

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Si Mart Laar use de son entregent politique pour dénoncer le mal communiste, Sofi Oksanen a recours à la plume, qu'elle manie avec talent. De 17 années sa cadette, l'écrivaine est sans doute en train de réaliser, avec son roman Purge, ce que l'ancien premier ministre estonien et d'autres personnalités politiques baltes n'ont pas réussi à accomplir: faire passer le message auprès du grand public. Purge, dont j'ai déjà parlé ici, évoque assez crûment les violences (psychologiques et sexuelles) perpétrées à l'encontre des femmes de l'Estonie occupée. Violences administrées par les Soviétiques à partir de 1944/45, une fois de retour dans cette ancienne république indépendante, conquise en 1940 puis cédée temporairement à l'Allemagne nazie.

"Toute personne a sa propre vérité, donc je ne peux pas dire que je raconte "la" vérité, me disait Sofi Oksanen, lors d'une récente rencontre à Helsinki en vue d'une page à paraître d'ici peu dans La Croix. Mais je peux dire que je décris la destinée de gens qui ne pouvaient pas se faire entendre durant l’occupation soviétique. Ainsi, officiellement, les violences sexuelles n’existaient pas en Union soviétique. Officiellement, ni l’armée Rouge ni le KGB ne se livraient à ce genre de pratiques, bien que dans la vie réelle, ils l'ont fait. Cela dit, la violence sexuelle en tant que thème de débat public est quelque chose de relativement nouveau en Estonie, ainsi que dans tout l’espace de l’ex-URSS. Les Estoniens connaissent leur histoire. Mais ils n’ont pas encore vraiment l’habitude d’évoquer des thèmes comme celui-ci. C’est pour cela qu’il était important pour moi d’écrire sur le sujet. Même si j’écris surtout pour les gens qui habitent hors d'Estonie."

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Cette volonté de parler au nom des Estoniens à propos d'une période qu'elle n'a pu connaître qu'indirectement - Sofi Oksanen est née en Finlande en 1977 et y a grandi - lui vaut des critiques depuis quelques mois. A Tallinn, j'ai rencontré, pour le reportage à paraître dans La Croix, des Estoniens qui trouvent qu'elle noircit le tableau. Ou qui trouvent qu'il est temps de tourner la page. Ou encore qui supportent mal qu'une "étrangère" (bien que sa mère soit estonienne...) emprunte leur histoire pour en faire un livre à succès. Purge s'est déjà vendu à plus de 160 000 exemplaires en Finlande; en France, il a obtenu le prix FNAC du roman 2010 et est en lice pour le Médicis étranger et le Femina.

En la personne de Mart Laar, Sofi Oksanen possède toutefois un de ses nombreux partisans dans le pays balte. Ils partagent cette vision très noire - eux ajouteront "réaliste" - du monde soviétique. Elle a d'ailleurs fait appel à lui pour contribuer, avec d'autres, à un recueil d'articles sur le sujet qu'elle a coédité avec une journaliste estonienne (Kaiken takana oli pelko, soit La peur derrière nous tous). Publié en mars 2009, "cet ouvrage me tenait à cœur parce que, lorsque j’ai voyagé en Finlande pour présenter Purge, beaucoup de lecteurs finlandais m’ont demandé pourquoi les Estoniens n’avaient pas écrit sur leur propre histoire récente. Bien sûr qu'ils s'y intéressent et écrivent, mais aucun de ces ouvrages n'était disponible en finnois et les Finlandais ne lisent pas l'estonien. J'ai donc voulu présenter, dans un recueil en finnois, les études de jeunes historiens estoniens" sur l'occupation de leur pays.

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Rencontré dans son bureau de député au Riigikogu, le parlement estonien, Mart Laar ne se fait pas prier pour évoquer la cause qu'il a fait sienne: "le monde ne connaît pas encore vraiment ce qui s’est passé à l’époque soviétique. Il ne sait pas assez que, dans chacun des pays baltes, environ 20% de la population a disparu entre 1939 et 1956. Un habitant sur cinq! Sans parler de ceux qui ont été déportés en Sibérie, ni du maintien d’une répression quotidienne basée sur la peur."

Avant de devoir abréger la discussion pour filer à un rendez-vous, Mart Laar accepte de poser devant mon appareil de photo. D'abord devant un rectangle de tissu qui épouse le dessin de tous les drapeaux nordiques (la croix), mais avec les couleurs estoniennes, bleu , noir et blanc. Un raccourci résumant l'obsession des gouvernants estoniens depuis 1991: le raccrochage du pays à la région nordique plus que son maintien dans le peloton balte (photo illustrant le début de ce billet).
Puis Mart Laar, en montrant du doigt un tableau qui se situait dans mon dos, me dit, "en fait, c'est ça que je préfère". Ni une, ni deux, je le photographie devant cette oeuvre d'un artiste contemporain: un monstre rouge en butte à un être humain de bleu vêtu. Une allégorie de la petite Estonie faisant la nique à l'URSS? Un Saint-Georges estonien terrassant le dragon russe? Je n'ai pas eu le temps de demander, Laar le hussard s'était déjà évaporé. En lui parlant plus tard de la scène, Aleks Tapinsh, un collègue de l'AFP, me fit remarquer que Saint-Georges et le dragon sont aussi l'emblême de la ville de... Moscou!