vendredi 4 octobre 2013

Ma musique du vendredi (51): Lyy



Une des meilleures chansons suédoises entendues depuis longtemps! De quoi vous réconcilier avec ce pays plus complexe qu'il n'y paraît... Mais là n'est pas la question aujourd'hui. Superbe mélodie en crescendo interprétée par le groupe Lyy, voix envoûtante et, un comble, le visage de la chanteuse n'apparaît jamais dans la vidéo que je vous propose. C'est tout juste si on distingue une silhouette, en haut d'un escalier, dont on devine, parce que son bras bat la cadence, que c'est elle qui chante Förgäves uppå stigen, alors que dans la soute, les gars assurent la rythmique. A écouter à plein volume!




La chanson est inspirée d'un psaume composé par un gars de l'Östergötland, Samuel John Hedborn, Lantflickans klagan, qu'on peut traduire par La complainte de la fille du pays. Une fille qui se morfond en attendant l'homme qui saura la sortir de là... Elle en rêve, elle en crève. Le texte complet en v.o.:

Förgäves uppå stigen jag dig att möta går.
Jag lyssnar, ropar och jag lyssnar åter.
Det vädret är som blåser, det böljan är som slår.
Men vännens röst sig intet höra låter.
Se skyarna de gå,
och böljorna de slå!
Så vandra mina tankar och ingen vila få,
förrän jag finner vännen, som jag söker.

En vinter har förflutit - den vintern var mig lång,
jag önskade den mången gång till ända!
Du var i mina drömmar, du var uti min sång,
du var i mina tankar vid min slända.
Men våren återkom
fast grön dock glädjetom.
En annan fått det hjärta som var min egendom.
Jag aldrig därpå tänker utan tårar.

När duvan blivit änka hon sig till freds ej ger,
och hennes hjärtesår kan ingen lisa.
Men döden henne finner, när solen skridit ner,
och sluter hennes kval och klagovisa.
Som hennes domnar av
mitt hjärta med sitt kvav,
och liksom gröna trädets, som fälldes i sin sav,
skall snart mitt unga hjärteblod förstelna. 


Source: Dagensvisa.com 

PS: les curieux seront heureux d'apprendre que la chanteuse, Emma Björling, a un visage (agréable) et qu'elle peut aussi bien chanter Le Bonheur (Lyckan) que la mélancolie.

vendredi 27 septembre 2013

Ma musique du vendredi (50): Girls in Airports

Girls in Airports, un groupe de Copenhague fondé en 2009 et composé uniquement d'hommes. Il vient de sortir un nouveau disque, Kaikoura, enregistré sur l'île de Møn. Voici le morceau qui donne son titre à l'album, une simple mélodie de plus en plus insinuante grâce aux saxophones:


vendredi 20 septembre 2013

Ma musique du vendredi (49): Cross, Team Hegdal

A partir de cette semaine, je vais poster Ma musique du vendredi sur ce blog (et non plus directement sur mon compte Facebook). Qui sait, elle attirera peut-être des gens que je ne connais pas.

Si j'en ai le temps, je m'amuserai aussi un de ces jours à récapituler ici les morceaux que j'ai choisis pour cette sélection hebdomadaire, qui en est à sa 49ème édition, histoire de garder une trace et de pouvoir m'y reporter plus facilement.

Alors c'est parti! Cette semaine, pas de vidéo pour accompagner le morceau, juste de la musique: Cross, interprété par le Team Hegdal emmené comme il se doit par un dénommé Hegdal, Eirik de son prénom et norvégien de naissance (photo Dagbladet).



Lien: https://soundcloud.com/teamhegdal/cross

dimanche 12 mai 2013

Méli-mélo à Daugavpils

De retour de Daugavpils, dans le sud-est de la Lettonie, un saut de 500 km aller-retour pour visiter le nouveau Centre Mark Rothko en vue d'éventuels articles et pour assister à une pièce de théâtre. Méli-mélo historico-linguistique.

Ville d'environ 100 000 habitants, soit un peu moins qu'avant la première guerre mondiale, alors qu'elle s'appelait encore Dvinsk, son nom russe. L'ex-Dünaburg, fondée par l'Ordre de Livonie, était en effet passée dans l'empire tsariste après le premier partage de la Pologne (1772). De nos jours, Daugavpils, deuxième ville de Lettonie (déjà évoquée dans ce blog), est majoritairement peuplée de membres de la "minorité" russophone. Langue le plus souvent entendue à Daugavpils: le russe. Langue le plus souvent lue dans les rues: le letton, seule langue officielle du pays.

Rothko, peintre, né Marcus Yakovlevich Rothkowitz en 1903 dans cette ville. Russe et yiddish parlés à la maison. Père pharmacien, juif peu porté sur la religion avant de renouer avec le judaïsme. Mère née à Saint-Pétersbourg dans une famille parlant russe et allemand. En 1913, celle-ci quitte l'Europe avec le jeune Marcus pour rejoindre son mari, parti en éclaireur aux Etats-Unis. Fin de la période russe du futur artiste.

Musée (ou Centre, les instigateurs ont dû trouver que ça sonnait plus d'aujourd'hui) inauguré le 24 avril 2013 dans la plus pauvre des régions lettones. Installé dans l'ancien arsenal que le tsar Nicolas Ier fit bâtir en bordure du fleuve (la Daugava en letton, la Dvina en russe, la Düna en allemand), dans un bel ensemble fortifié à la Vauban, rive droite, à l'ouest du centre-ville. A l'intérieur du vaste musée, sur deux étages, le gros de la signalisation est en trois langues, letton, russe et anglais, tout comme le site Internet. Parmi les oeuvres présentées, six tableaux originaux - dont deux aplats de couleurs - prêtés par des descendants du peintre américain mort en 1970. Ils seront, assure-t-on, changés tous les trois ans.



  
Théâtre de Daugavpils (ci-dessus), bâti par un architecte letton, Verners Vitands, et inauguré en 1937, peu avant la fin de la première indépendance de la République de Lettonie. Site Internet essentiellement en letton. Personnel du théâtre aux noms indiquant leur appartenance à la minorité russe du pays (comme Oļegs Šapošņikovs, le directeur), pas toujours à l'aise en letton.

Pièce à l'affiche ce soir-là, dans une salle annexe, Valentīna diena (Le jour de Valentine), "tragi-comédie" écrite par un auteur russe (de Russie), Ivan Viripaev. Fruit de la collaboration entre le théâtre de Daugavpils et l'Académie des arts de Lettonie. Deux élèves de l'Académie ont monté la pièce en guise de diplôme de fin d'études: à la mise en scène, un Russe letton, Georgijs Surkovs; et pour la scénographie, Dace Sloka, une Lettone qui ne parle pas russe (il y a toujours moyen de s'entendre, de se faire comprendre). Trois comédiens professionnels, russophones, jouent le jeu à fond. Trois représentations seulement. Pas de sous-titrage de la pièce en langue lettone: tout en russe, y compris le programme imprimé sur papier format A4 plié en trois. Les moyens du bord.

dimanche 17 mars 2013

La Norvège en mots


Vous reprendrez bien un peu de bidos? Sans façon? Ce n'est pas grave si l'on en croit les auteurs d'un Dictionnaire insolite de la Norvège. Car ce ragoût de viande de renne, préparé par les Sames (Lapons), "ne laisse pas un souvenir impérissable". Le bidos (bidoche?) a tout de même droit à son entrée dans ledit dictionnaire. Tout comme le lutefisk, plat à base de poisson que l'on fait fermenter dans une solution d'hydroxyde de sodium et que l'on sert à Noël, avec purée de pois et aquavit pour mieux faire passer le goût étrange (je m'en souviendrai longtemps).

Petits plats, grandes cuites, costumes traditionnels (bunad), coutumes et fêtes diverses, objets variés (tel le barbecue jetable), jurons, Joly (Eva), lieux, habitat, animaux, météo, fjords, îles, villes, ski, impôts, pôle (pas le Sud), fringues à la mode, héros inoxydables, explorateurs de tout poil, Grieg, Munch, Ibsen, prix Nobel de la paix (incontournable...), Little Karachi, un zeste de politique, etc. La liste des thèmes troussés chacun en un paragraphe concis s'étire comme le littoral du royaume...

Seul léger regret en refermant ce dictionnaire de format poche au style plaisant sans être trop familier, c'est l'absence d'un sommaire. Cela dit, cette absence incite à y pêcher en l'ouvrant au petit bonheur la chance. Tiens... Nachspiel, ou la "coutume qui consiste à prolonger une soirée après la fermeture des bars ou des discothèques". Les lignes qui s'ensuivent ne laissent aucun doute: les deux auteurs - qui avaient déjà signé un livre pour faire découvrir la Norvège aux enfants - ont pratiqué plus d'un nachspiel bien arrosé.



Dictionnaire insolite de la Norvège, Ingrid Van Houdenhove et Simon Descamps, 158 pages (dont une bibliographie), éditions Cosmopole, Paris 2012

jeudi 31 janvier 2013

A Tallinn, laissez moi payer le bus s'il vous plait

Reportage à Tallinn sur la gratuité des transports publics dans cette ville. Introduite le 1er janvier, la mesure n'est censée ne bénéficier qu'aux quelque 425 000 habitants de la capitale estonienne. En montant à bord du bus ce matin, j'ai donc voulu acheter un ticket de bus à l'unité, l'une des possibilités "offertes" aux non-résidents de Tallinn, ceux qui sont invités à continuer à payer.
1,60 euro pour un adulte, ce n'est pas donné, surtout lorsqu'on rapporte ce montant au salaire mensuel moyen en Estonie (855 euros brut). Mais bon, je peux bien m'offrir ça, il le faut même pour le reportage.
Je monte donc à bord du bus par la porte de devant et demande au conducteur dans un estonien approximatif:
- Üks pilet, palun.
Le sourcil relevé, le chauffeur de bus grisonnant ne me comprend visiblement pas.
- Üks pilet, palun! [M'enfin quoi, un billet s'il vous plait!]
- Ah... 1,60 euro. [en estonien]
Coup de chance, je connais déjà le prix du billet à l'unité.
Pas de chance, je n'ai pas la monnaie suffisante.
Je tends un billet de cinq euros. Le chauffeur me fait les gros yeux et, lâchant le volant, sa main droite virevolte dans l'air, du genre vous m'embêtez avec votre billet, passez et qu'on n'en parle plus.
Loyal à l'égard d'une mairie qui prend une telle mesure (à dix mois d'élections municipales, mais cela n'a bien sûr rien à voir), j'insiste un peu en tendant à nouveau mon billet de cinq. Même geste de la main de l'homme bourru, le regard déjà ailleurs, loin sur la chaussée.

Impossible de payer.
Oui, je peux en attester, les transports en commun sont vraiment gratuits!
Une habitante de Tallinn, qui elle n'a aucune obligation légale de payer mais doit tout de même valider sur une borne sa carte magnétique verte à chaque nouveau trajet, ne peut s'empêcher de sourire à ma déconvenue.

Un peu plus tard, je renouvelle mon expérience à bord d'un tramway, bien décidé à payer. La conductrice, plus compréhensive que son collègue, prend mon argent et, dans l'espace prévu à cet effet, glisse en échange le petit billet en papier blanc estampillé Tallinna Transpordiamet. Mission accomplie.



NB: l'article écrit après ce reportage est finalement paru dans La Croix du 8 mars 2013, consultable ici.

mercredi 17 octobre 2012

Histoire du prix Nobel: mes interlocteurs

L'une des conclusions de mon enquête sur les prix Nobel peut se résumer ainsi: le choix des lauréats est, plus souvent qu'on ne le croit, teinté par les convictions personnelles des membres des instances qui décernent ces prix. C'est le cas avant tout des prix les plus subjectifs, les Nobel de littérature et de la paix. Derrière les listes des lauréats, gravées dans le marbre de l'histoire, se dissimulent des débats, voire des joutes, internes aux différents comités Nobel. Comme ailleurs, les plus convaincants ont plus de chance d'obtenir gain de cause. Je le raconte dans mon livre, Histoire du prix Nobel, sorti en septembre chez François Bourin éditeur.
Celui-ci, publié juste avant la saison Nobel 2012, n'évoque donc pas l'attribution du prix de la paix à l'Union européenne. Une fois encore, c'est l'emprise de quelques personnes qui a fait pencher la décision dans ce sens-là. En l'occurrence, l'alliance entre le président du Comité Nobel norvégien et le secrétaire de cette instance de cinq personnes désignées par les principaux partis politiques du royaume. Tous deux étaient intimement convaincus que la construction européenne méritait un prix. Il en avait déjà été question par le passé mais, à l'image de la société norvégienne, le Comité Nobel était trop divisé sur le sujet.
Pour éviter que son président, Thorbjørn Jagland, n'obtienne gain de cause, une militante antieuropéenne convaincue avait été désignée, par un parti eurosceptique, pour siéger à ses côtés et contrecarrer ses plans. Las, cette femme, Ågot Valle, est tombée malade l'an dernier. Depuis janvier 2012, elle est remplacée par Gunnar Stålsett, un ancien évêque d'Oslo qui avait déjà siégé au Comité en tant que membre à part entière. Lequel Stålsett s'est montré plus malléable qu'Ågot Valle...
Que serait-il arrivé si cette dernière, ancienne vice-présidente du mouvement norvégien Non à l'UE, n'était pas tombée malade? Jagland aurait-il insisté? Jusqu'à quel point? Valle aurait-elle démissionné, comme un précédent membre du Comité, Kåre Kristiansen, en désaccord avec le choix de Yasser Arafat en 1994? Impossible de le savoir.
Ainsi s'écrit la petite histoire des prix Nobel...
Cela reste une affaire de personnes avant tout.

* * *

Je profite de cette occasion pour présenter ici quelques-unes des personnes que j'ai rencontrées et interviewées pour préparer mon livre (lorsque j'ai pu, j'ai pris des photos que je publie ici):

LA MACHINERIE NOBEL

Deux directeurs de la Fondation Nobel ont pris le temps de me recevoir à Stockholm: Michael Sohlman, en fonction pendant 19 ans, jusqu'à l'été 2011; et Lars Heikensten, son successeur à ce poste (photo). 


Extrait de mon livre, Histoire du prix Nobel:
"Lors de notre longue discussion, en mars 2012, Lars Heikensten aime à évoquer les différentes pistes qu’il souhaite explorer dans cette direction. Dans son modeste bureau, il lance des ballons d’essai, soigne ses formules, réfléchit tout haut, comme s’il s’agissait d’une répétition sans frais à un prochain conseil d’administration durant lequel il lui faudrait convaincre. Car il n’est pas le seul à décider à bord. Il doit composer avec les autres membres, délégués par chacune des institutions décernant les différents prix Nobel, plus anciens que lui dans la maison. Homme d’expérience, rompu aux questions économiques et financières, le nouveau directeur n’est alors encore qu’un quasi-débutant dans les affaires nobéliennes, comme il le laisse entendre ici ou là durant notre entretien. Je l’écoute donc défiler le cours de ses pensées pour y glaner quelques indices sur sa conduite à venir."


LE PRIX DE LA PAIX

Geir Lundestad, secrétaire du Comité Nobel norvégien et directeur de l'Institut Nobel à Oslo depuis 1990



Extrait d'Histoire du prix Nobel:
"Certes, il ne bénéficie pas du droit de vote lors de la réunion précédant l’annonce du prix. Mais l’homme est assez madré pour faire passer son point de vue. A l’aise dans son domaine, le verbe facile et toujours un mot pour rire, il a vite fait de vous ensuquer dans un discours extrêmement maîtrisé. Fausse décontraction à l’américaine, qui a dû séduire plus d’un hôte de l’Institut, lauréats compris. Du haut de sa grande taille, il vous accueille d’une poignée de main droite où manquent l’index et le majeur, emportés par une hache quand il avait sept ans. Puis il vous jauge en quelques questions, affable juste comme il faut, avant de dérouler d’un ton enjoué un argumentaire bien huilé."

Thorbjørn Jagland n'ayant pas donné suite à ma demande d'entretien, j'ai rencontré Kaci Kullmann Five, l'actuelle vice-présidente du Comité Nobel norvégien. Ancienne présidente du Parti conservateur, elle s'exprime dans un bon français, acquis alors qu'elle était jeune fille au pair en France.

Un ancien président du Comité Nobel, Francis Sejersted, a également eu la gentillesse de me recevoir alors qu'il a largement dépassé l'âge de prendre sa retraite.

Et puis il y a celui que j'appelle le poil à gratter du Comité Nobel norvégien, Fredrik S. Heffermehl:


Cet avocat, militant pacifiste et auteur d'un livre sur la question, estime que le testament d'Alfred Nobel est bafoué par le comité norvégien décernant le prix de la paix

Extrait d'Histoire du prix Nobel:
"La thèse de Heffermehl devient chez lui une idée fixe qu’il prêche avec une obstination proportionnellement inverse à l’intérêt qu’elle suscite désormais dans la presse locale. Plus on fait le sourd, plus il martèle son discours et retourne aux sources pour affûter ses arguments, persuadé qu’il est d’avoir raison."


LE NOBEL DE LITTERATURE

Horace Engdahl, membre de l'Académie suédoise depuis 1997, son secrétaire perpétuel de 1999 à 2009, membre du Comité Nobel à l'Académie,



Per Wästberg, membre de l'Académie suédoise, préside depuis 2005 le comité de cette institution chargé de sélectionner les candidats.

Extrait d'Histoire du prix Nobel:
"Le mois de janvier est une période creuse pour les institutions Nobel. Per Wästberg en profite pour voyager, écrire, écouter la radio, et accessoirement rencontrer un journaliste. Lorsqu’il me reçoit dans son salon blanc immaculé, au dernier étage d’un immeuble du quartier cossu d’Östermalm, à Stockholm, il pense déjà à ce qui l’attend. Une fois passé le délai du 1er février, assorti d’une semaine supplémentaire pour laisser le temps aux lettres d’arriver, il faudra remettre l’ouvrage sur le métier. Comme l’année précédente et celles d’avant. Depuis 2005, ce septuagénaire fluet préside le comité de l’Académie suédoise (cinq personnes sur les dix-huit « immortels »), à qui revient le gros du travail de sélection en vue d’attribuer le prix de littérature. « Une lecture colossale, dit-il, assis droit dans un fauteuil. Au début du processus, nous faisons face à plus de deux cents propositions différentes. »"


LES PRIX NOBEL SCIENTIFIQUES

Göran Hansson, secrétaire du Comité Nobel à l’Institut Karolinska (KI) depuis 2009, membre de l'Académie royale des sciences,

Erling Norrby, professeur suédois en virologie, membre du Comité Nobel au KI (1975-1993), secrétaire perpétuel de l’Acadé­mie royale des sciences (1997-2003),

Johan Thyberg, ex-professeur suédois de biologie moléculaire au KI et auteur d'un livre critique sur les liens entre le monde de la recherche médicale et des laboratoires pharmaceutiques.

Extrait d'Histoire du prix Nobel:
"Depuis 2004, il [Johan Thyberg] se penche, à ses heures perdues, sur la privatisation croissante de la recherche universitaire, qu’il dénonce d’abord dans quelques articles de presse accueillis dans un silence gêné. Il est alors amené à s’intéresser aux liens existant entre, d’un côté, les membres de l’Assemblée Nobel – les cinquante professeurs du KI désignant chaque année les lauréats du prix de médecine – et le Comité Nobel – les quinze membres de l’Assemblée en charge de la sélection des lauréats – et, de l’autre, le monde de l’entreprise privée. (...) « Plus j’avançais dans mes recherches, plus je découvrais des choses pires qu’entrevues au départ », se souvient Johan Thyberg lorsque je le rencontre dans un café de Stockholm."


MAIS AUSSI...

Kerstin M. Lundberg, critique littéraire suédoise,
Kristian Berg Harpviken, directeur de l'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (PRIO),
Stein Tønnesson, historien et chercheur au PRIO et à l'Université d'Uppsala (Département de recherche sur la paix et les conflits),
Øyvind Tønnesson, historien norvégien
Iver Neumann, chef de recherche à l'Institut norvégien de politique étrangère (NUPI)
Helge Pharo
, historien, conseiller du Comité Nobel norvégien,
Asle Sveen, historien norvégien, ancien chercheur à l'Institut Nobel d'Oslo et coauteur d'un ouvrage de référence sur le prix de la paix (avec Ivar Libæk et Øivind Stenersen),
Bente Erichsen, directrice du Centre Nobel de la paix à Oslo,
Sundeep Waslekar, directeur d'un think-tank à Bombay, naguère engagé par les proches d'Indira Gandhi dans le but de faire du lobbying en sa faveur et de décrocher le Nobel de la paix pour cette dirigeante,
... et celles et ceux qui n'ont pas souhaité être identifiés. Je les remercie également.